Agni Yoga – Le Feu Révélateur – une brûlante actualité

J’ai écrit une première version de cet article en 2010, puis une autre en 2011, que j’ai mise à jour en 2013. Il reste inédit.

De la crise financière à la crise spirituelle en passant par la révélation de moult scandales, l’Agni Yoga ou « yoga du feu » voit dans les difficultés de l’humanité les nécessaires obstacles qui permettent son évolution. Si l’énergie Feu n’est pas reconnue pour ce qu’elle est, à savoir la plus haute forme de conscience divine, alors elle brûle et détruit… 

Cela n’échappe à personne et personne n’y échappe : nous vivons une époque de transformations, de mutations et de métamorphoses qui passent par des révélations toujours plus fracassantes. Révélation est aussi le sens du mot Apocalypse, qui n’est pas la fin du monde mais certainement la fin d’un monde. Parmi les récents avatars de ces révélations : le programme de surveillance PRISM de la NSA américaine, l’ampleur de l’évasion fiscale à l’échelle mondiale, la manipulation des taux interbancaires Libor et Euribor par les banques, les pratiques de certaines firmes pharmaceutiques mises en lumière par l’affaire Médiator, la découverte de viande de cheval dans des préparations culinaires, le scandale de la pédophilie dans l’Eglise catholique, celui de la banque du Vatican (Institut pour les Œuvres de Religions)… Peu avant, le phénomène Wikileaks est venu bouleverser en quelques mois le monde de l’information, après que la « crise des subprimes » ait affiché aux yeux du monde entier le véritable agenda des banques et institutions financières. On pourrait y ajouter les mensonges de l’ancien ministre du budget, ceux de l’ex-grand Rabin de France, les égarements de l’ex-directeur du FMI… « Ne dites point de mensonge, et ce que vous avez en haine, ne le faites point, car toutes ces choses sont manifestes à la face du ciel ; rien de ce qui est caché ne manquera d’être révélé et rien de ce qui est dissimulé ne tardera à être publié ! » (Evangile apocryphe de Thomas, codex II de Nag Hammadi).

Les médias y voient une propension toujours plus grande à mentir et à manipuler de la part des puissants (mais pas seulement eux), qu’il s’agisse d’individus ou d’institutions. « Pourquoi trichons-nous ? », interroge telle Une de magazine. Alors que la question serait plutôt : « pourquoi ne pouvons-nous plus cacher nos mensonges ? » Il n’y a certainement pas plus de tricheries, mensonges ou manipulations que par le passé, mais simplement une exposition de ceux-ci, une mise en lumière qui doit sans doute un peu à l’action de lanceurs d’alertes comme Julian Assange ou Edward Snowden, et peut-être beaucoup à l’effet implacable du « feu révélateur », tel que décrit dans la doctrine de l’Agni Yoga. La révélation s’opère sous l’effet du feu cosmique, qui agit sur la matière, dans les cœurs et les âmes. Les souffrances qu’elle engendre sont la manifestation d’une transmutation. L’influence des forces cosmiques se traduit par un rayonnement, qui est « la transmutation en cours de réalisation… le passage d’un état d’être à un autre, au moyen du feu », écrivait l’ésotériste Alice Ann Bailey au début du XXe siècle.

Selon Caroline, une disciple contemporaine d’Alice Bailey, Julian Assange, l’homme de Wikileaks, est « un avatar, quelqu’un venu pour faire quelque chose de précis, dans un but précis, comme d’autres avant lui. » Et de citer les exemples de Gengis Khan, Alexandre le Grand, Jeanne d’Arc ou Jésus de Nazareth, perçus à leur époque comme des perturbateurs, mais devenus héros au regard de l’Histoire. « Ces personnages ont manifesté une certaine forme d’énergie qu’Assange partage, poursuit-elle. C’est l’énergie du changement, dont nous avons besoin car nous avons tendance à entretenir le statu quo. Quand certains essaient de maintenir leur idée d’un monde parfait aux dépens des autres, c’est alors que l’énergie du destructeur est appelée pour briser l’étau. »

Agni Yoga : le feu révélateur

L’Agni Yoga est l’enseignement transmis par le couple Helena et Nicolas Roerich. La formule désigne la « fusion avec le feu divin » ou le chemin y menant. Lui – peintre et voyageur -, et elle – prophétesse inspirée -, ont rapporté cet enseignement d’Asie pour le diffuser en Russie puis en Europe occidentale dans les années 1920-30. Tous deux étaient les continuateurs de l’œuvre d’Alice Bailey, auteur du « Traité sur le feu cosmique », elle-même disciple d’Helena Blavatsky, fondatrice de la société Théosophique à la fin du XIXe  siècle et auteur de « La Doctrine Secrète ». Madame Blavatsky se prétendait « canal » d’un maître tibétain, Morya, et à son tour Alice Bailey a transmis les enseignements du maître Djwal Khul, appelé le Tibétain. Ce savoir émane de la hiérarchie spirituelle de Shamballa. Alice Bailey a fondé l’école Arcane et le Lucis Trust, qui diffusent ses enseignements. L’un des annonciateurs de l’Agni Yoga dit qu’il fait de l’homme « une torche vivante qui éclaire, réchauffe et brûle toute imperfection en lui et autour de lui ». « En vérité, poursuit-il, l’Agni Yoga attirera de nombreux êtres. Il pourra s’exprimer en pleine liberté et sans restriction. Derrière lui ne se trouveront que les cendres de l’imperfection ! »

Pour beaucoup, l’époque troublée que nous traversons caractérise la mutation annoncée. « C’est si difficile pour les personnes de prononcer la loi la plus simple : bénis soient les obstacles — grâce à eux nous nous développons. Les gens  admettent les tests facilement jusqu’à ce qu’ils les rencontrent. Personne n’est disposé à accélérer son avancement par des obstacles ! », peut-on lire dans les grands principes de l’Agni Yoga. Avant d’arriver à la fusion, on doit faire la guerre, « la guerre contre ses propres imperfections », poursuit le traité. Et encore : « C’est terrible d’avoir peur de la Lumière car le feu se transforme alors en flamme dévorante. »

Au cœur de l’enseignement théosophique, on trouve l’idée que la vie est Une. Malgré la diversité de ses manifestations, Madame Blavatsky décrit l’impulsion à l’origine de l’existence comme « la Vie Une, éternelle, invisible, néanmoins omniprésente, sans commencement ni fin, quoique se manifestant par des cycles réguliers, entrecoupés de périodes où règne le mystère obscur du non-Etre… Son seul et unique attribut est appelé en termes ésotériques le Grand Souffle, qui est le mouvement perpétuel de l’univers, au sens de l’espace illimité, éternellement présent. » (La Doctrine Secrète).

Règles de trois

Comme l’affirment tous les grands enseignements spirituels, l’évolution de l’humanité consiste à retrouver l’unité fondamentale à partir de la multiplicité. Dans l’Agni Yoga, cette évolution s’opère par le mouvement, qui prend trois valeurs, rappelant les différentes trinités présentes aussi bien dans les grandes religions (Père-Fils-Saint Esprit ; Shiva-Vishnu-Brahma…) qu’au cœur de la physique quantique (les particules atomiques proton-neutron-électron, puis les quarks Down-Up-Strange et Charm-Bottom-Top). Pour les théosophes et leurs continuateurs, les trois premiers rayons cosmiques sont la Volonté, l’Amour-Sagesse et l’Intelligence active. Ces trois aspects du mouvement ordonné conduisent à une progression constante de la conscience, à la fois au niveau individuel et collectif. L’humanité souffre parce qu’elle aspire collectivement à la paix et l’unité, alors que les anciennes forces résistent et s’accrochent à des valeurs de pouvoir et de division.

La construction de l’Union Européenne fournit l’exemple d’un tel mouvement vers l’unité qui se heurte à des résistances fortes, et pour cause. On a cru qu’il suffisait de créer un espace économique commun et le doter d’une monnaie unique, mais sans gouvernance politique et sociale, l’UE a trouvé sa limite et menace de se disloquer. Le résultat est connu : politiques d’austérité pour plaire aux « marchés », chômage de masse, casse sociale, manifestations et montée des communautarismes, nationalismes et autres fondamentalismes. Si ces réactions à ce qui n’est pas perçu comme un progrès sont compréhensibles, elle procèdent néanmoins d’une illusion fondée sur la notion d’identité. La mondialisation nous ferait perdre notre identité de citoyen d’une nation, qui n’est pourtant qu’une construction culturelle et historique. « Naturellement », notre seule et véritable identité est d’être humain, habitant de la planète Terre, voyageur du cosmos. Qui peut dire le contraire ? Notre nature profonde et véritable n’a que faire des nationalités ou des appartenances religieuses, ce qui n’empêche pas de s’y reconnaître si l’on y tient parce qu’elles fournissent en effet des repères, mais guère plus que notre prénom et notre nom de famille. Une autre règle de trois peut ici nous aider, celle qui prévaut dans les logiques non-aristotéliciennes. La logique du tiers-exclu nous amène à tout polariser, à opposer sans cesse des contraires mutuellement exclusifs. Pourtant, il n’y a pas que le Yin et le Yang, mais aussi ce qui réunit les deux : le Tao. Ne peut-on être tout à la fois français, européen et citoyen du monde ? Bien sûr qu’on le peut. Ainsi, la « mondialisation » est perçue par certains comme un complot, voire une entreprise satanique, alors qu’elle n’est que l’avancée inexorable vers l’expression de l’unité fondamentale de la vie. Sauf si elle n’est qu’économique et financière, bien entendu.

La Roue de la Fortune

Compte tenu des inégalités colossales et des injustices qu’elle génère, il n’est pas surprenant en effet que cette dynamique soit vue comme une menace. Ce grand écart entre ce à quoi aspire la grande majorité de la population – à savoir la paix et un niveau de vie décent – et l’obstination d’une horde de vautours à amasser les possessions, est évidemment au cœur même de « la crise financière mondiale ». Au début des années 1830 en Amérique du Nord, la conquête de nouvelles terres à l’Ouest, la construction de chemins de fer et autres voies de communication, et la suppression de la dette nationale, ont engendré le premier « boum » économique des Etats-Unis et la première « bulle » de Wall Street. Dès 1837, toutes les banques avaient suspendu les transactions d’or, 90 % des usines étaient fermées et le pays plongeait dans sa plus longue récession économique. Elle ne prit fin qu’à l’issue de la guerre du Mexique de 1846 et la ruée vers l’or californien à partir de 1848. Depuis, les « bulles » n’ont cessé de gonfler puis d’éclater, comme le 3 septembre 1929 qui vit l’indice Dow Jones atteindre un maximum de 381 points sur la base d’une spéculation sur les crédits (déjà), puis plonger au cours des semaines suivantes à une valeur de 41 points, soit une chute de 90 %. La dépression qui s’ensuivit eut des effets dévastateurs pour tous les partenaires économiques des Etats-Unis. Un quart de la population britannique s’est retrouvé sans emploi ; un taux qui a atteint 70 % dans certaines régions d’Ecosse. La dépression n’a pris fin qu’avec l’effort d’armement en vue de l’entrée des Etats-Unis dans la seconde guerre mondiale…

Depuis, la finance internationale est devenue une affaire d’experts, économistes et mathématiciens de haut vol. L’extrême sophistication des instruments financiers et « produits dérivés » n’a d’égale que leur extrême perversité, puisqu’il s’agit de détourner les flux financiers au seul profit d’une élite fonctionnant comme une caste auto-entretenue. Alors que les marchés sont censés être au service du développement économique à long terme, de la croissance des entreprises, de l’emploi et du bien-être des individus, la bourse est devenue un gigantesque casino où l’on « joue » de l’argent que l’on ne possède même pas, en s’appuyant sur des effets de leviers démesurés. Dans « L’âme et ses mécanismes », Alice Bailey explique que l’activité économique est une expression du prâna, « l’infini et omniprésent pouvoir qui se manifeste dans cet univers ». Les théosophes soulignent que ce n’est pas un hasard si la carte du Tarot qui représente les manifestations cycliques s’appelle « la Roue de la Fortune ». Le fonctionnement de l’économie selon des cycles n’a rien de nouveau. La Genèse nous parle elle aussi de « sept ans d’abondance » suivis de « sept ans de famine ». Les influences astrologiques peuvent également être prises en considération. Ainsi, le Tibétain  annonce : « Venus gouverne la seconde maison, qui est liée à l’économie et la distribution d’argent ». Mais aussi : « Venus contrôle le Taureau, la maison de la graine de l’illumination et de la nouvelle lumière émergente. »

La face sombre de notre nature

Ainsi, la crise financière révèle deux types de réalité. La première et la plus évidente aux yeux de tous est la cupidité de ces bandits qui viennent grossir chaque année les rangs des multimillionnaires, alors que la majorité de la population des pays riches voit son niveau de vie baisser continuellement et qu’un tiers de l’humanité survit avec moins de deux dollars par jour par individu. La seconde réalité, plus subtile, est qu’à quelque chose malheur est bon. Les crises économiques conduisent en effet à redistribuer les cartes en éliminant des acteurs devenus inadaptés, et des pratiques devenues insoutenables. Certes, le ménage ne se fait pas toujours de la meilleure façon qui soit et pas nécessairement dans le sens de davantage d’éthique.

Mais sans la contrainte forte d’une crise, aucun secteur d’activité ne va spontanément engager sa mutation dans un système régi par la rentabilité à court terme et la maximisation du profit. La volatilité des marchés financiers est attribuée à l’action de spéculateurs sans scrupules, de traders fous, de fonds d’investissements âpres au gain et autres croque-mitaines. « Il arrive en effet que des personnes exploitent les fluctuations des marchés pour servir leurs objectifs en termes de compétition économique ou politique, explique John Nash, disciple d’Alice Bailey. Mais d’un autre côté, Carl Jung nous rappellerait que les croque-mitaines ne sont rien d’autre que la face sombre de nos propres natures. » De plus, ou se situe la limite entre investissement et spéculation ? John Nash rapporte le cas célèbre de Sir Ernest Cassel, conseiller financier du roi Edward VII (1841-1910) et plus grosse fortune du Royaume-Uni à l’époque. A la fin de sa vie, Cassel commente son parcours : « Quand j’étais jeune, on disait de moi que j’étais un joueur (« gambler »). A mesure que mes opérations ont grossi, je suis devenu un spéculateur. Maintenant on m’appelle un banquier. Mais je n’ai cessé de faire la même chose toute ma vie. »

Du chaos à l’équilibre

La régulation de la finance internationale souhaitée par l’immense majorité de la population ne peut toutefois s’opérer que dans un cadre global et au travers d’instances souvent honnies mais pourtant indispensables, comme la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International, à condition qu’elles-mêmes se réforment, intègrent les intérêts du Sud, et agissent selon des principes éthiques. Dans « Psychologie Esotérique », Alice Bailey cite le Tibétain sur ce thème, soulignant « l’importance primordiale pour chaque nation de réaliser sa responsabilité à l’égard des autres nations, et l’interrelation de tous les aspects de la vie dans notre monde. Cette réalisation permettra une interaction réciproque dans le champ économique, qui est le domaine le plus important de notre époque. Pratiquement tous les problèmes et tensions dans le monde sont fondés sur une situation économique. »

Les cycles ne sont pas mauvais en eux-mêmes, rappellent les ésotéristes. Ainsi, le rythme des saisons est indispensable à la vie. Dans une autre citation du Tibétain, celui-ci annonçait une période caractérisée par « des cycles de chaos, d’expérimentation, d’expérience et de compréhension », elle-même suivie d’une « période de rythme et de stabilisation dans laquelle le point d’équilibre est atteint. » Ainsi, la « saisonnalité » des marchés financiers peut être bénéfique, selon John Nash, tant que « l’été » ne devient pas trop chaud ni « l’hiver » trop froid. Dans le « Traité sur le feu cosmique », le Tibétain parle de l’absorption et de la distribution du prâna, la manne divine : « Lorsque l’instabilité générale existe, la réception du prâna est instable et sa distribution inégale. Mais lorsque le point d’équilibre est atteint, alors l’équilibre planétaire sera également atteint, ainsi que l’équilibre entre les planètes du système solaire. Alors qu’elles parviennent à l’équilibre et à l’interaction mutuelle, le système est stabilisé et la perfection est atteinte. L’égale distribution de prâna rétablira l’équilibre dans l’homme, l’humanité, la planète et le système solaire. Ce n’est qu’une autre façon de dire que la vibration uniforme sera réalisée. »

Crises spirituelles

Sur le versant spirituel, les religions elles-mêmes traversent de graves crises. Comment ne pas y voir là encore l’action du feu révélateur ? Passons sur les fondamentalismes et intégrismes de toute nature, qui sont comme nous l’avons dit des entreprises réactionnaires. Dans la crise la plus récente qu’a eue à traverser l’Eglise catholique, le monde a pris connaissance avec stupeur de l’ampleur des affaires d’abus sexuels sur mineurs qui se sont déroulés dans plusieurs pays pendant de nombreuses années. Jusqu’alors, la révélation de tels cas était isolée et l’on pouvait blâmer la déviance individuelle de quelques prêtres égarés dans leur vocation. Mais l’échelle à laquelle ces actes semblent avoir été pratiqués, et la volonté manifeste d’en étouffer l’ampleur, ont montré que le malaise était bien plus profond et lié à certains dogmes intangibles de l’Eglise comme le célibat des prêtres et le vœu de chasteté. Le feu révèle et dénonce un message dévoyé. Le Pape Benoît XVI ne l’a pas supporté, alors même qu’il fut l’artisan de cette dissimulation en tant que cardinal Ratzinger, gardien du dogme, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, sous le pontificat de son prédécesseur Jean-Paul II. Dans son enquête implacable (Sa Sainteté, scandale au Vatican), le journaliste italien Gianluigi Nuzzi a également montré la façon dont la « banque du Vatican » a cherché à échapper à toute régulation et tout contrôle de son activité, afin de continuer à blanchir l’argent… de la mafia !

Alice Bailey fait de Jésus l’un des maîtres de la hiérarchie spirituelle, mais le Christ est la manifestation suprême de l’amour divin, et son « retour » signifie précisément l’éveil de la conscience humaine à cette énergie. Ces déviances par rapport au dogme catholique lui ont naturellement valu d’être qualifiée d’antéchrist, d’autant qu’elle fait de Lucifer, l’ange déchu porteur de lumière, un des symboles de son enseignement.

Baptême du Feu

Pour que le feu divin ne soit pas brûlant pour lui-même, l’homme doit développer son cœur spirituel, explique l’Agni Yoga. Cela correspond à l’ouverture du chakra anahata et constitue la base du chemin spirituel. « En particulier, cela nous donne la capacité de méditer correctement. Et la méditation est le moyen principal du développement de la conscience, de la connaissance pratique de Dieu, et de la Fusion avec Lui », précise la doctrine. Ainsi, la pleine immersion de la conscience du chercheur spirituel dans le Feu en vient à brûler « tous les restes de karma défavorables », et « la brûlure à travers le corps avec ce Feu a comme conséquence sa guérison. »

Plus près de nous, la grande scientifique « hétérodoxe » Jacqueline Bousquet s’attache depuis des années à réconcilier science et traditions, en s’appuyant notamment sur les travaux d’Emile Pinel. Elle nous rappelle que le feu est partout dans les textes sacrés pour désigner la plus haute forme de conscience divine que l’homme doit faire sienne. Dans son traité intitulé « La grande mutation », Jacqueline Bousquet reproduit une partie de « l’élucidation du mythe judéo-chrétien » qui s’appuie sur la Kabbale pour expliciter le baptême du feu. Le feu est l’agent mâle fécondant le support femelle, l’eau. L’homme doit marier ces deux composantes au cours de deux baptêmes, qui sont deux prises de conscience. Le premier baptême, retenu par l’Eglise catholique, est celui de l’eau ; le second est un baptême par le feu. Ce feu est assimilé à l’ionisation provoquée par la radioactivité solaire et cosmique. Incidemment, l’activité du soleil se révèle bien singulière ces derniers temps.

« Je suis venu jeter un feu sur la Terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé ! » (Luc, XII).

Jocelin Morisson

Citations

« Le Feu est la réflexion la plus parfaite et la plus pure, au ciel et sur la terre, de la Flamme Une. C’est la vie et la mort, l’origine et la fin de toute chose matérielle. C’est la Substance divine. »

Doctrine Secrète, I, 146.

« Notre Terre et l’homme sont les produits des Trois Feux. »

Doctrine Secrète, IV, 258.

« Le Feu et la flamme détruisent le corps d’un Arhat ; leur essence le rend immortel. »

Doctrine Secrète, I, 35.

LES TROIS FEUX

I. Le Feu interne ou Feu par friction.

« Il y a dans chaque atome, la chaleur interne et la chaleur externe, le souffle du Père (Esprit) et le souffle (ou chaleur) de la Mère (matière). »

Doctrine Secrète, I, 112.

II. Le Feu du Mental ou Feu solaire.

« Le Feu de la connaissance brûle toute action sur le plan de l’illusion ; en conséquence, ceux qui l’ont acquis, et sont émancipés, sont appelés des ‘Feux’. »

Doctrine Secrète, I, 114.

III. Le Feu de l’Esprit ou feu électrique.

« Lève la tête, ô Lanoo ; vois-tu une seule, ou d’innombrables lumières au-dessus de toi, brillant dans le ciel sombre de la nuit ? »

« Je sens une seule Flamme, ô Gurudéva ;

« Je vois d’innombrables étincelles non détachées qui brillent en elle. »

Doctrine Secrète, I, 145.