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Mario Beauregard : « La psyché est une donnée fondamentale de l’Univers comme la matière et l’énergie »

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Le neuropsychologue québécois Mario Beauregard vient de publier un roman qui mêle science-fiction et spiritualité, « Experientia ». Il m’a accordé en novembre 2013 une interview parue dans le magazine Nexus 90 sur le modèle de « psychélémentarité » qu’il propose et sur la réflexion pour une science post-matérialiste qu’il mène avec ses collègues outre-Atlantique.

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Rendu célèbre par ses expériences avec les sœurs carmélites de Montréal, Mario Beauregard était alors affilié au département de neurologie de l’Université d’Arizona. Il livrait ses dernières réflexions qui conduisaient à la proposition d’un modèle post-matérialiste de la psyché : la psychélémentarité.

Vous avez développé un nouveau modèle appelé Psychélémentarité. De quoi s’agit-il et sur quelles observations repose-t-il ?

Il repose sur l’existence fondamentale et l’action de la psyché, qui inclut les processus mentaux conscients et inconscients, la conscience elle-même, le sens de soi et la dimension spirituelle. C’est la psyché selon l’acception grecque du terme, reprise ensuite par Carl Gustav Jung. Elle représente selon moi un principe fondamental dans l’univers. Il existe une version locale au niveau de l’organisme et une version non-locale qui transcende l’organisme. Dans sa version locale, la psyché, par exemple les émotions, les pensées, les croyances, peuvent agir au niveau du cerveau. De plus en plus d’études d’imagerie cérébrale montrent par exemple que l’on peut affecter le fonctionnement de régions spécifiques du cerveau, mais aussi la structure interne de la matière blanche et de la matière grise. Et étant donné que le cerveau, le système nerveux, est relié aux autres systèmes physiologiques, tout se qui se passe au niveau psychique – au sens psychologique – a une influence au niveau de tous les systèmes physiologiques connectés au système nerveux, comme le système immunitaire et le système endocrinien. Cela est déjà étudié depuis quelques années par une discipline appelée psycho-neuro-immunologie et de nombreuses études montrent que cela agit effectivement. On se rend compte également désormais que la psyché peut interagir au niveau de certains gènes, via l’épigénétique, surtout les gènes reliés au comportement et aux émotions. Ceci a été objectivé par des études où l’on mesure l’expression des gènes dans l’organisme en lien avec des événements émotionnels. Par exemple, une étude a été faite après les événements du 11 septembre 2001 qui a montré une activation des nombreux gènes associés à des hormones reliées au stress par exemple. A l’inverse, avec la méditation ou la relaxation, on peut désactiver ces gènes et activer des gènes reliés à la production d’hormones et de messagers chimique positifs comme la sérotonine.  Continuer la lecture de Mario Beauregard : « La psyché est une donnée fondamentale de l’Univers comme la matière et l’énergie »

Avez-vous (vraiment) l’intention de guérir?

Les relations entre le corps et l’esprit restent largement mystérieuses mais de nombreuses recherches tendent à démontrer que nos états mentaux, et en particulier nos intentions, jouent un rôle de premier plan dans la maladie et la guérison. Sur quoi ces observations reposent-elles et comment mettre en œuvre un tel mécanisme pour notre propre bien-être ?guérison

Dans son livre Les pouvoirs de la conscience (InterEditions 2013), le neuropsychologue québécois Mario Beauregard raconte l’histoire fameuse de « Mr Wright », un patient atteint d’un cancer avancé des ganglions lymphatiques et qui déclinait rapidement dans un hôpital de Californie à la fin des années 1950. Les médecins lui accordaient au mieux deux semaines à vivre. Mais Mr Wright n’était pas prêt à mourir et lorsqu’il apprit que le Dr Philip West testait un nouveau traitement, « révolutionnaire », contre le cancer, il insista pour en bénéficier. A titre compassionnel, le Dr West accepta de lui administrer le produit et, contre toute attente, l’état de Mr Wright s’améliora rapidement. Non seulement il se sentait beaucoup mieux mais ses tumeurs avaient « fondu comme neige au soleil ». Au bout de dix jours de traitement, pratiquement tous les signes cliniques de la maladie avaient disparu. Mais lorsqu’il lut deux mois plus tard dans un article que le médicament – le Krebiozen – n’était pas à la hauteur des espoirs mis en lui, il fit une brutale rechute. Son médecin parvint à le convaincre que c’était une question de dosage et de préparation du produit, et il lui administra alors un placebo qui eut exactement le même effet que les premières injections ! Mais de nouveau quelques mois plus tard, Mr Wright lu le rapport final des autorités de santé qui concluaient à l’inefficacité du médicament. Il décéda deux jours après sa réadmission à l’hôpital. Continuer la lecture de Avez-vous (vraiment) l’intention de guérir?

Faire entrer l’observateur conscient dans les équations de la physique quantique

Parmi les chercheurs qui s’intéressent aux liens entre mécanique quantique, conscience et cerveau, Henry Stapp est une figure majeure dont les travaux méritent d’être davantage connus par le public français.

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Physicien de l’université de Berkeley en Californie, Henry Stapp a travaillé en Europe avec des monstres sacrés tels que Wolfgang Pauli ou Werner Heisenberg. La question du lien entre conscience et physique quantique le taraude depuis le lycée, avoue-t-il dans son livre « Mindful Universe » (L’univers conscient), paru en 2007.

Rappelons, en le résumant d’une formule, le « problème difficile » posé par le philosophe australien David Chalmers : « Comment quelque chose d’aussi immatériel que la conscience peut-il émerger de quelque chose d’aussi inconscient que la matière ? » Et notons au passage que cette question pose a priori que la conscience émerge de la matière, ce qui est précisément remis en question par Stapp et d’autres.  Continuer la lecture de Faire entrer l’observateur conscient dans les équations de la physique quantique

Marc Luyckx Ghisi: le changement de paradigme

Entretien réalisé à Toulouse en mai 2014

Marc Luyckx Ghisi : « La difficulté principale est de changer le disque dur de chacun »

MLG

Marc Luyckx Ghisi se plaît à raconter qu’il a eu trois vies. D’abord prêtre catholique et docteur en théologie russe, puis membre de la cellule de prospective mise en place par Jacques Delors à la Commission Européenne, et enfin auteur et conférencier. Son livre Surgissement d’un nouveau monde (L’Harmattan) explique que la rationalité moderne, l’approche patriarcale et le capitalisme industriel ne sont plus capables de répondre ni au problème de notre survie, ni aux problèmes sociaux et démographiques. Le changement de civilisation qui en découle touche aux aspects les plus profonds de nos vies (relation homme-femme, le sacré, le statut de la raison et de la science, la conscience du temps, de l’espace, du bonheur, etc.). Lors du forum « La transformation sociale et économique de notre société », qu’il a co-organisé avec les éditions Ariane à Toulouse en mai 2014, il a également présenté le travail d’un visionnaire de la Silicon Valley, Willis Harman, disparu en 1998. Pour ce dernier, le moteur du changement est la conscience et nous sommes passés à la fin du siècle dernier d’une métaphysique M1 (matérialiste machiniste : le cerveau est une machine qui produit la conscience) à une métaphysique M2 (dualiste : l’univers a deux bases constitutives, la matière-énergie et la conscience), et nous entrons rapidement en ce début de XXIe  siècle dans une métaphysique M3 (la conscience est première et fait advenir la matière). La modernité occidentale est la première civilisation matérialiste à avoir affirmé qu’il n’y a rien après la mort, donnant ainsi naissance à une civilisation de l’angoisse de la mort. « Dans bien d’autres civilisations, la mort n’est qu’un passage, explique Marc Luyckx Ghisi, et nous sommes en train de redécouvrir que nous ne sommes pas des corps qui ont une âme mais des âmes qui se sont incarnées dans un corps, comme le disait Teilhard de Chardin dès les années 1950. »

Interview

On parle beaucoup de changement de paradigme, mais la France n’a-t-elle pas plus de difficultés que d’autres pays à puiser dans des ressources spirituelles, du fait de son histoire intellectuelle ? Continuer la lecture de Marc Luyckx Ghisi: le changement de paradigme

La Prochaine Foi – Pour en finir avec les croyances

En guise d’introduction, je vous propose cet article que j’ai écrit en 2009 pour la Revue Française de Parapsychologie, mais qui n’a jamais été publié. Je pense qu’il reste d’actualité, même si je fais référence à l’ancien pape.

Notre monde moderne voit se multiplier les crises, nées d’une absence cruciale d’éthique dans les relations des hommes entre eux et avec la nature. Les religions ne sont pas la solution. Figées dans leurs dogmes, elles sont au contraire une grande part du problème. Seul un progrès majeur dans la connaissance et la compréhension de la nature humaine peut faire émerger l’éthique universelle dont nous avons besoin. Les recherches en sciences psychiques, en physique et en neurosciences sont porteuses de ce progrès. Elles peuvent révéler une nature spirituelle de l’homme qui ne devra rien aux croyances, mais tout au savoir. 

Selon le pape Benoît XVI, le vrai progrès humain est celui « de la conscience morale », et les ennemis désignés sont le relativisme moral, le subjectivisme et le matérialisme scientifique. Continuer la lecture de La Prochaine Foi – Pour en finir avec les croyances